Les nouvelles internationales ont marqué les Québécois en 2022 

La guerre en Ukraine, l’accès à l’avortement aux États-Unis, le soulèvement des femmes iraniennes : cette actualité internationale a fait la Une des médias locaux à plusieurs reprises. Mais ils ont surtout touché personnellement les Québécois qui, selon un récent sondage, les classent parmi les événements les plus marquants de 2022.

“Cela m’a vraiment surpris. On dit souvent que les Québécois ne s’intéressent pas beaucoup à l’actualité internationale, mais cela montre qu’au contraire, ils sont fortement influencés par celle-ci, même lorsque ces événements sont loin de nous », explique Philippe Léger, chargé de projet chez Léger. co-créateur de sondages et d’émissions Dans la presse Télé Québec.

L’émission a dévoilé mercredi soir les résultats d’un sondage exclusif, réalisé en collaboration avec Léger, sur les faits saillants de l’année écoulée. Résultat : les Québécois sont plus connectés que jamais au monde.

Près de la moitié des personnes interrogées ont qualifié la guerre en Ukraine de temps fort de l’année, reléguant l’actualité au deuxième rang du classement, derrière l’inflation et la hausse des prix. En troisième lieu, la décision de la Cour suprême des États-Unis d’invalider la protection du droit à l’avortement. La mort de la reine Elizabeth II est classée septième et les manifestations de femmes en Iran sont neuvièmes.

Qu’il s’agisse de l’accès à l’avortement aux États-Unis ou des manifestations de femmes en Iran, ce sont des questions qui touchent aux droits et libertés des femmes, des sujets très importants pour nous.

Pour cette analyse, Léger a mené un sondage en ligne du 11 au 13 novembre auprès de 1 007 Québécois de 18 ans et plus. Ils devaient choisir parmi 37 événements proposés, sélectionnés en amont en fonction de leur forte présence dans la couverture médiatique, de un à trois événements qui les avaient le plus “marqués personnellement”.

“C’est vraiment impressionnant de voir autant de sujets internationaux en tête des palmarès”, a déclaré Jean-Frédéric Legaret-Tremblay, ancien journaliste Devoir et maintenant le conseiller CERIUM. Cependant, il n’est pas si surpris. Selon lui, ces dernières années, il y a eu une tendance à accorder plus d’attention à l’actualité internationale. «Avec le déclin de la démocratie, la montée de l’autoritarisme ou la perte de leadership aux États-Unis, cela crée de l’incertitude, de l’instabilité, qui conduit à des événements destructeurs et inhabituels, comme la guerre en Ukraine. »

Il voit aussi la dimension sociale et humaine dans quatre sujets d’actualité internationale qui figurent en tête de liste. « Qu’il s’agisse de l’accès à l’avortement aux États-Unis ou des manifestations de femmes en Iran, ce sont des questions qui affectent les droits et les libertés des femmes, des sujets très importants pour nous. Cela attire notre attention, nous sommes très sensibles à ces enjeux », poursuit M. Legare-Tremblay.

Nous sommes également préoccupés par certains développements internationaux car ils nous touchent finalement directement. La guerre en Ukraine, par exemple, est en partie responsable de l’inflation au Canada.

Augmentation de la couverture

Et si l’actualité internationale donne une telle impression, c’est peut-être parce que les médias locaux l’ont largement couverte, estime l’ancienne journaliste.

Même avant l’invasion officielle de l’Ukraine par la Russie le 24 février, plusieurs grands médias ont envoyé des journalistes sur le terrain pour rapporter comment les citoyens se préparaient au pire. Dans les mois qui ont suivi, plusieurs d’entre eux sont restés dans les pays voisins, ou dans des pays voisins, pour raconter la guerre du point de vue du Québec.

Même scénario ce printemps, lorsque la Cour suprême américaine a décidé d’invalider le droit à l’avortement. Les journalistes ont afflué de l’autre côté de la frontière pour donner aux femmes la possibilité de s’exprimer, de couvrir les manifestations ou de visiter les dernières cliniques d’avortement encore ouvertes dans certains États.

« Il est normal de s’intéresser aux affaires étrangères à travers le prisme de nos intérêts nationaux. En ayant des plumes, des voix, des visages d’ici, on peut mieux expliquer les problèmes et tendre la main aux Québécois, les intéresser à cette actualité », affirme M. Legare-Tremblay.

Qui s’est fait le champion d’une plus grande couverture médiatique internationale pendant des années et a cofondé le Fonds québécois en journalisme international en 2018, espère que cette habitude se poursuivra. « Dans un monde idéal », dit-il, « les médias grand public devraient avoir des correspondants étrangers à plein temps ou une équipe de journalistes internationaux dévoués prêts à partir à tout moment. “Nous n’en sommes pas encore là.”

Thème “Média-média”

De plus, LégerDans la presse montre que certaines manchettes n’ont pas retenu l’attention des Québécois. Ce sont ce que Philippe Léger appelle des “thèmes médiatiques” qui font polémiques et alimentent les débats mais qui n’impressionnent pas.

Par exemple : le discours de Guillaume Leme-Tivierge à Gemini (37e et dernière place), sortie du film Arlette avec Maripieu Morin (36e), visite du pape François au Canada (34 av. J.-C.).e), l’exclusion des candidats deDouble Occupation (32e) ou giflant Will Smith au gala des Oscars (29e).

« Y a-t-il trop de médiatisation de ces sujets par rapport à l’intérêt réel des Québécois ? La question a commencé.

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