Teleperformance annonce un programme de rachat d’actions après la suspension de son titre – 10/11/2022 à 18:47

(Mise à jour avec les taux, reprise des échanges le vendredi)

PARIS, 10 novembre (Reuters) – Teleperformance

TEPRF.PA a annoncé jeudi avoir lancé un programme de rachat d’actions de 150 millions d’euros suite à la chute, jugée “disproportionnée” du cours de l’action jeudi matin, à la suite de l’ouverture d’une enquête en Colombie pour suspicion de violation de la réglementation du travail.

L’action du groupe, suspendue à la Bourse de Paris vers 10h00 GMT dans l’attente d’un communiqué, a chuté de 33,90% à 175,95 euros, la plus forte baisse en une séance.

Teleperformance a annoncé une reprise de cotation vendredi matin à 8h00 GMT à l’ouverture de la Bourse de Paris.

Le lancement du rachat d’actions vise à envoyer “un signal fort de confiance et de sécurité à nos actionnaires”, a déclaré Olivier Rigaudy, PDG, lors d’une conversation avec des journalistes.

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Interrogé sur les raisons de la suspension, Olivier Rigaudy a cité “le caractère explosif, inflammable de ce type de sujet” et “la volatilité inhabituelle du marché”.

“Les gens ont peur, prennent des décisions trop vite.”

Cependant, le spécialiste français des centres d’appels précise dans un communiqué qu’il n’a reçu à ce jour aucune communication officielle du gouvernement colombien concernant cette enquête et qu’il est confiant dans les résultats qu’elle produira. .

Selon Teleperfomance, “l’équipe dirigeante de la filiale en Colombie a toujours développé l’entreprise dans le respect de la loi”.

Avant cette réaction, Edwin Palma Egea, le ministre colombien des relations sociales, a écrit sur Twitter : “Nous avons décidé d’ouvrir une enquête contre Teleperformance”. “Nous avons informé l’entreprise et invitons tous les travailleurs et organisations syndicales du pays à nous fournir des preuves de violations présumées des normes du travail.”

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Selon plusieurs analystes, l’ouverture de cette enquête fait suite à des informations du magazine américain Time et du Bureau of Investigative Journalism, originaires d’octobre, sur les conditions de travail en Colombie des salariés chargés de la modération sur le réseau social Tiktok, dont Teleperformance est un sous-traitant.

Selon ces articles de presse, ces travailleurs, dont les droits syndicaux n’ont pas été respectés, ont été soumis à des conditions de travail traumatisantes pour un salaire de 10 dollars par jour (10,05 euros).

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Les modérateurs de TikTok devaient régulièrement regarder des images de meurtres, de maltraitance d’enfants et de violences sexuelles dans le cadre de leur travail. Et les employés qui ont montré leur intention de s’organiser ont été confrontés à “des menaces et des intimidations”, a rapporté Time.

Concernant les modalités de rémunération, Olivier Rigaudy a précisé que le salaire des animateurs était entre 145% et 380% supérieur à celui des agents traditionnels. Il a également souligné que le taux d’attrition des modérateurs de contenu était “intrinsèquement assez élevé” dans tous les pays où la société opère.

(Écrit par Laetitia Volga, Claude Chendjou et Augustin Turpin, Montage par Sophie Louet et Kate Entringer)

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