Simplon.co, cette multinationale de l’ESS et de la formation au numérique, Success Story

C’est Sainti qui est devenu assistant marketing digital après son passage à l’école 241/Simplon au Gabon. C’est Fatsiha, cinquante-huit ans, licenciée, qui décroche un emploi après une formation au numérique. Simple, ça l’est. Une start-up labellisée “entreprise solidaire d’utilité sociale” (ESUS), qui en dix ans a formé 21 000 personnes dont 40% de femmes, à travers 130 écoles dans 25 pays en concluant des partenariats avec Meta, Apple, Microsoft .

Simplon.co est un bootcamp où le numérique est un levier d’innovation sociale et de libération. Son mantra ? Le numérique, bien utilisé, donne de la puissance. Une arme de développement massive. Cet organisme de formation aux métiers du numérique inclusif compte 300 salariés, un budget de 25 millions d’euros (chiffre d’affaires et subventions). Elle propose aux personnes exclues et autres profils atypiques des formations gratuites aux métiers du numérique : data, systèmes et réseaux, IA, cybersécurité, etc.

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Structurer l’entreprise pour grandir

Avec une croissance quasi constante à deux chiffres, Simplon est-il la preuve que l’économie sociale et solidaire (ESS) et la réussite entrepreneuriale sont compatibles ? Oui, mais… parce qu’il y a un “mais”, l’entreprise a traversé de nombreuses crises. La première en 2017, l’année où elle a frôlé la crise de trésorerie. Parce que soutenir une croissance exponentielle et un développement à l’international avec des financements majoritairement issus de subventions est un challenge.

Frédéric Bardeau, son président et co-fondateur, explique : « 80 % de nos revenus proviennent de fonds publics, d’appels d’offres et de subventions, et les 20 % restants des entreprises dont nous formons les salariés. Chez SSE, nous dépendons des politiques publiques, payé longtemps après nos prestations, ce qui implique un besoin de trésorerie très important. »

Pour remédier à la situation, Simplon s’appuie sur les revenus directs issus de la formation des salariés en entreprise et de la production d’applications. Cela passe simplement aussi par l’embauche d’une directrice administrative et financière et, plus récemment, l’arrivée d’une directrice générale, Véronique Saubot, au profil calibré pour gérer la “montée en gamme” de l’impact de la start-up.

“La croissance rapide génère aussi des crises de ressources humaines”, explique Frédéric Bardeau. Non seulement pour trouver une denrée rare, des formateurs de développeurs, mais aussi parce qu’au départ nos recrues étaient souvent issues des rangs de l’ESS. Idéal pour le soutien, moins pour la rentabilité dans la recherche de sources de financement. Aujourd’hui, nous recrutons davantage de seniors pour constituer des équipes de management solides. »

Modèles économiques incertains

Outre la gestion, Simplon a également traversé une crise de modèle. La pandémie a accru l’apprentissage en ligne. Mais par conviction, Simplon ne fait que du face-à-face. Les associés de l’entreprise ont “mis la pression, reconnaît Frédéric Bardeau, mais pas question pour Simplon de se renier”. Il s’est adapté, avec des cours virtuels, bien sûr, mais en direct. Adaptation, donc, mais sans trop de concession.

Solidarité rime-t-elle avec précarité ? « Oui, analyse Frédéric Bardeau. Dans l’innovation sociale, nous sommes toujours au top, la rentabilité est difficile à atteindre. Pour nous accompagner, nous pouvons compter sur des investisseurs comme la Caisse des Dépôts ou France Active, qui n’appliquent pas les mêmes critères que les fonds classiques. Sans eux, ESS ne durerait pas. »

« Quand on a commencé, on disait que l’ESS était une économie sociale et suicidaire car ses modèles économiques sont incertains, ajoute le président du Simplon. Plus on veut d’impact, moins on est rentable. manière de concilier profit limité et utilité sociale Les pionniers de l’ESS ouvrent la voie à leurs successeurs.

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