pourquoi le gouvernement évoque régulièrement le scénario de la dissolution

Là encore l’idée de dissolution. Un article de JDD, dimanche 6 novembre, affirme qu’Emmanuel Macron se prépare activement à dissoudre l’Assemblée nationale. Selon l’hebdomadaire, du côté de la majorité, un “protocole de dissolution”et “replanification détaillée” phase d’exploitation, a été rédigé. Selon les informations de franceinfo, le sujet de la dissolution a effectivement été évoqué dans la soirée du 3 novembre, lorsque le bureau exécutif du parti Renaissance (ex-LREM), mais “tout est un peu survendu”a assuré le ministre.

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Pour autant, l’hypothèse ne semble pas farfelue dans le contexte de la majorité relative au Palais Bourbon, avec le gouvernement contraint de faire voter à grands coups le texte 49.3 et sous la menace d’une éventuelle motion de censure de LR. C’est aussi la quatrième fois que des menaces sont proférées par l’exécutif et son entourage en moins de deux mois. Débutant fin septembre, à travers le discours d’Emmanuel Macron rapporté à la presse avec la bénédiction de l’Elysée. Puis public sur France 2, le 26 octobre, lorsque le chef de l’État a relevé que l’article 12 de la Constitution est l’un des “un instrument entre les mains du président”. Enfin, avant l’article JDDLa Première ministre, Elisabeth Borne, soutient l’idée dans le quotidien portugais commun : “Retourner aux urnes pourrait être la voie à suivre.”

Au regard des opérations de fouilles menées par différents ministres ces derniers jours, la dissolution ne semble pas imminente. “Je n’y crois pas vraiment à ce stade, je pense que c’est fou”confie un ministre à franceinfo. “Je pense qu’il n’y a pas de volonté du présidentajouter d’autres membres du gouvernement. Les sondages montrent que le rapport de force n’a pas changé.” Le dernier sondage Ifop montre que l’extrême droite sortira désormais vainqueur de l’événement de la dissolution.

“Si nous nous dissolvons, qu’est-ce que cela implique? Nous n’aurons toujours pas la majorité et les progrès du RN.”

Un député de la Renaissance

chez franceinfo

Mais alors, à quoi servent ces rappels réguliers ? “Cela aide à préparer l’opinion publique, pour que lorsque cela se produit, cela n’apparaisse pas comme une décision soudaine, mais comme un acte préparé et sage. Semez des petits cailloux”, analyse le politologue Bruno Cautrès, chercheur au Cevipof. Beaucoup dans le camp présidentiel pensent que l’Assemblée ne durera pas jusqu’en 2022 et qu’il faut se préparer.

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“Moi, je crois à la dissolution, mais dans un an. Là, c’est trop tôt”confie le chef de la majorité. “Quand Gérard Larcher [président du Sénat] raconte nous en Les Parisiens que LR n’hésitera pas à lancer une motion de censure, il faut être prêt”à en croire Loïc Signor, porte-parole de la Renaissance, qui a confirmé l’existence du rétroplanning et le travail de son parti en “Considérations juridiques et financières”. “Avec la dissolution, le calendrier est très court, il est donc normal de se préparer”il ajouta.

à Bruno Cautre, ce petit signal stratégique envoyé au même intervalle a également mis la pression sur Les Républicains. D’un côté, Emmanuel Macron tire à droite et évoque la possibilité d’un “Alliance”selon “accord politique” revendiqué par Nicolas Sarkozy. En revanche, le président de la République n’a pas hésité à anticiper le pire. “LR est certainement le groupe qui a le plus à perdre s’il y a une dissolution. Alors l’exécutif dit : ‘Si vous ne soutenez pas le plan du gouvernement, c’est là qu’on va'”croient les politologues.

Pas sûr que cela soit de nature à apaiser les députés LR. “Ils essaient de nous faire peur, nous précipitent. Mais quand je suis menacé, je veux me défendre”prévient le député LR Julien plonge. “Nous restons à l’écart de cette attitude politique”, assure la députée Annie Genevard, présidente par intérim de LR. Mais pour LR Nicolas Forissier, la droite devrait être un peu plus attentive. « Cela permet de mettre Les Républicains devant leurs responsabilités, crois le député Indre. Il faut couper la ligne un jour, car LR a la clé pour permettre une stabilisation politique. Nous avons une majorité au Sénat et un groupe pivot à l’Assemblée.

“Personne n’a intérêt à se dissoudre maintenant, alors je plaide pour que nous découvrions la culture de notre gouvernement.”

Nicolas Forissier, député LR

chez franceinfo

L’ancien secrétaire d’État reste minoritaire dans son groupe, même s’il le considère comme si “10 à 15 députés LR” partager leur point de vue »,avec plus ou moins d’intensité”. La majorité des LR veulent donc rester dans une opposition ferme et demandent des avancées texte par texte. “Soit Macron envisage un virage à droite et on peut travailler avec lui, soit il décide de ne pas trancher. Mais pour le moment, on a surtout l’impression que la majorité se fracture plus vite que prévu”juge un cadre LR.

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“Par exemple, le ministère de l’Intérieur nous a promis des montagnes et des interrogations sur la loi sur l’immigration, et là, on sent que ça va dérailler, les mêmes activités sont choisies. Macron contraint Darmanin à “dussoptiser” son texte [du nom du ministre du Travail, Olivier Dussopt]prévoir des ajustements ». Le gouvernement a senti le danger de ce projet de loi. “On fait ‘en même temps’, mais ça va permettre à LR de se différencier”regretter un ministre.

Les députés LR estiment que la menace de retour aux électeurs ne s’adresse pas non plus uniquement à leur groupe. “JJe crois qu’il est plus utile de mettre le mot “dissolution” dans l’esprit de tous les élus, y compris la majorité. Macron veut faire passer un message : ‘c’est moi ou le chaos'”, estime Annie Genevard. Certains députés de la majorité ont effectivement exprimé ces dernières semaines, par le biais d’amendements, la volonté d’indépendance. “C’est sans doute un message pour la majorité, à la mode : ‘il y a un patron qui peut appuyer sur le bouton quand il veut, donc il faut être là pour voter dans le texte'”reconnaître le représentant de la Renaissance.

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Mais le chantage à la dissolution exprimé pour la énième fois en ce JDD ont le chic pour embêter les parlementaires, alors que des compromis ont été trouvés, notamment avec la droite sénatoriale, dans le projet de loi visant à développer les énergies renouvelables. Quand on montre qu’on peut travailler ensemble au Sénat, tout cela est très contre-productif”s’agace un chef de la majorité. “Toutes ces bêtises. C’est du bluff. Mais bon, je ne trouve pas ça très approprié”augmenter le cadre de la majorité.

“Ce n’est pas possible de travailler sur des députés dans l’hémicycle. Plus il y a de telles rumeurs, plus les députés se disent qu’ils doivent passer du temps dans leur circonscription.”

Un cadre majoritaire

chez franceinfo

“Le point sur la dissolution reviendra tous les six mois comme l’Arlésien”a rappelé Stéphane Séjourné, patron de Renaissance, lors de l’intergroupe majoritaire. “Compte tenu de l’organisation des travaux, de votre mobilisation et du texte, il n’y a rien à craindre.” Mais le politologue Bruno Cautrès avertit qu’en matière de communication politique, il y a “l’effet de la prophétie auto-réalisatrice” :A force de répéter les choses, ça finit par arriver. Lorsque vous continuez à parler de possibilités, vous créez les conditions de leur réalisation.”

Le scénario de la dissolution est désormais dans toutes les têtes. Certains députés imaginent que la 16e législature sera terminée. “Avec 49,3 célibataires par session parlementaire [hors textes budgétaires]ça paraît compliqué de se dire qu’on va tenir comme ça encore quatre ans et demi”, a admis la députée LR Annie Genevard.



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