Malgré la dégradation de l’économie, Lufthansa embauche 20.000 personnes

Lufthansa va mieux. Le premier groupe aérien européen, qui a bénéficié de la forte reprise du trafic aérien ces derniers mois, a sécurisé en novembre laisser la pandémie derrière soi ». Pour preuve, il a réalisé un bénéfice net au deuxième trimestre de cette année pour la première fois en plus de deux ans. Le groupe, qui détient les compagnies Austrian, Swiss, Eurowings et Brussels Airlines, a même relevé ses perspectives de rentabilité en octobre et table désormais sur un bénéfice d’exploitation de plus d’un milliard d’euros en 2022, contre moins de 500 millions auparavant.

Le souvenir des 30 000 emplois supprimés entre 2020 et 2021 en raison de la crise qui a touché le secteur, provoquée par l’épidémie de Covid-19 et la fermeture des frontières, est désormais loin derrière l’entreprise allemande. A tel point que lundi une campagne a été lancée pour recruter 20 000 salariés en Europe. Lufthansa recrute 20 000 nouveaux collaborateurs »dans 45 métiers »sur ses sites en Allemagne, Autriche, Suisse et Belgique, précise le groupe dans un communiqué, recherchant notamment techniciens, informaticiens, avocats, pilotes et personnel de cabine ». UNE partie » de ces offres d’emploi sont des créations d’emplois, le reste sont des remplacements de salariés ont quitté » du groupe, a indiqué à l’AFP un porte-parole du groupe.

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Selon les chiffres publiés à l’automne, Lufthansa comptait 108 000 employés fin septembre et souhaite porter ce nombre à environ 115 000 d’ici fin 2023, soit. moins que les 138 000 salariés que comptait le groupe fin 2019, avant le choc Covid-19.

Et pendant ce temps là les avions des compagnies françaises sont pleins

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Des centaines de vols ont été annulés faute de personnel

Pour mener à bien ces recrutements, le transporteur va lancer une campagne de communication dans la presse, à la radio et en ligne, ainsi que sur tous les réseaux sociaux » pour atteindre les candidats. En effet, trouver du personnel est devenu une tâche très difficile pour l’ensemble du secteur, qui souffre d’une pénurie de personnel, de nombreuses personnes quittant définitivement le secteur après la pandémie.

Plusieurs compagnies aériennes ont ainsi été contraintes de réduire le nombre de vols proposés cet été faute d’équipage suffisant. Ce fut notamment le cas de Lufthansa, qui a annoncé le 9 juin qu’environ 900 vols intérieurs et européens vers Francfort et Munich, deux grands aéroports, étaient supprimés. Cela correspondait alors à 5% des places normalement ouvertes à la réservation. Sa filiale low-cost Eurowings s’était également déclarée contrainte de supprimer “plusieurs centaines de vols” en juillet. Un peu plus tôt cette année, la compagnie néerlandaise KLM a également été contrainte d’annuler des dizaines de vols pour les mêmes raisons, tout comme la compagnie britannique Easyjet a dû retirer six sièges de son A319 au Royaume-Uni pour limiter ses besoins en équipage.

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Du coup, les mouvements sociaux se sont multipliés cet été, militant pour des hausses de salaires pour répondre à l’inflation qui touche l’Europe, mais aussi pour réclamer de meilleures conditions de travail, cette dernière étant exacerbée par le manque de personnel. Des mouvements sociaux qui ont touché plusieurs pays, dont la France à l’aéroport de Roissy, l’Espagne et sa compagnie Volotea ou encore la Grande-Bretagne et EasyJet.

(Avec AFP)