« L’infiltration de nos sociétés par les réseaux criminels dépasse toutes les fictions »

Laure Beccuau, procureur de la République de Paris, au tribunal judiciaire de Paris, le 8 novembre 2022.

La juridiction nationale chargée de lutter contre le crime organisé (Junalco) a pour mission, depuis près de trois ans, de s’attaquer aux groupes criminels actifs sur le territoire français, notamment ceux liés au trafic de drogue. Ce tribunal d’exception, placé sous l’égide du parquet de Paris, connaît des dossiers les plus complexes, où s’entremêlent affaires de corruption, de blanchiment et de règlement de comptes.

Laure Beccuau, procureure de Paris, détails pour monde les enjeux actuels de la lutte contre le crime organisé, le groupe le plus actif d’entre eux, souligne-t-il, aujourd’hui “sans limites” en termes de financement, de projection géographique et de recours à la violence.

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Concernant le dossier traité par Junalco, comment présentez-vous la menace liée au crime organisé en France ?

La lutte contre le crime hautement organisé est le défi d’aujourd’hui, le principal défi. Aujourd’hui, le niveau de menace est tel que nous détectons le risque de déstabilisation de notre Etat de droit, de notre modèle économique, mais aussi de notre entreprise, au niveau stratégique principal. Au vu des quatre-vingt-six dossiers de Junalco, on se rend compte qu’on a affaire à un réseau tentaculaire.

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Il suffit de voir ce qui s’est passé en Belgique et aux Pays-Bas pour montrer que l’organisation à laquelle nous sommes confrontés est illimitée dans ses moyens financiers, illimitée dans ses frontières ou dans son champ d’action (trafic de drogue, d’êtres humains, réseaux de prostitution, etc. .. tant que les profits s’élèvent à des millions d’euros. Cette organisation ne connaît pas de limites dans ses propres règles : pour s’imposer, ils ne s’interdisent plus rien. Cela se voit par l’émergence de cas de règlements de comptes, d’enlèvements, de menaces, où le niveau de violence est extrême.

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Les Pays-Bas et la Belgique, comme vous l’avez mentionné, sont régulièrement secoués par des dizaines de violences sur fond de trafic de drogue. Pensez-vous que cette situation se reproduira en France ?

Si nous n’avons pas assez de réaction, cette contagion est annoncée. On sait que ces groupes ont désormais atteint le seuil de leur présence aux points d’entrée de la drogue en France. Surtout les ports, qui sont les pires points. Ces organisations se sont planifiées dans la structure des ports et des aéroports, et leurs sous-fifres sont dans notre région.

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