Les transports publics dans le doute face à l’ouverture à la concurrence

Un chauffeur avant de descendre de son bus, au centre RATP de la porte d'Orléans, à Paris, le 16 novembre 2022.

Plus de deux cent cinquante élus d’Ile-de-France ont signé lundi 2 janvier une lettre ouverte à Elisabeth Borne. Ancres de gauche (communistes, LFI, socialistes) ou écologistes, maires de villes comme Gentilly, Montreuil, Bagneux, Colombes ou Ris-Orangis, ont tous demandé au Premier ministre de stopper le processus d’ouverture des transports publics à la concurrence. par l’Ile de France. Ils dénoncent cela “privatisation” activités de la RATP et la course au moins disant social, alors que le manque de personnel a perturbé les offres de transport à Paris et dans tous les départements limitrophes.

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La lettre fait suite à celle envoyée en décembre 2022 à Matignon par Anne Hidalgo, également signataire de cette lettre. La mairie de Paris a appelé le télescopage dangereux de deux calendriers : l’ouverture pour la compétition des lignes de bus de Paris et les JO et Paralympiques de Paris.

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Les chauffeurs de la RATP seront appelés à travailler tout au long de l’été et de l’automne 2024 et transporteront 9 à 10 millions de spectateurs du monde entier, lorsqu’ils annoncent qu’ils quitteront la direction générale pour rejoindre Transdev ou Keolis, leurs deux principaux concurrents. Ceux qui ont fait miroiter une carrière préétablie – conducteur de bus pendant dix ans, puis conducteur de métro pendant une autre décennie, avant de devenir conducteur de RER – seront-ils encore motivés ?

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L’Ile-de-France n’est pas la seule région où les élus s’interrogent sur l’ouverture du marché des transports. La Bourgogne-Franche-Comté, qui avait décidé en janvier 2022 de mettre en concurrence les dix-sept lignes TER exploitées actuellement par SNCF Voyageurs, a remis le branle-bas mi-décembre. Le big bang est terminé. Il y aura de la concurrence, mais lentement, progressivement. Pendant ce temps, la région reprend les négociations “constructif” de son accord avec la SNCF, demandant de réduire les coûts et d’améliorer la qualité de service.

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Ces deux exemples révèlent les doutes qui entourent la gestion des transports publics : le jeu de la concurrence en vaut-il la chandelle quand on voit l’énergie nécessaire pour gérer la transition et le risque de désorganisation ? « Nous sommes dans un cycle économique peu favorable à la concurrence récompensent l’économiste des transports Yves Crozet, professeur émérite à Sciences Po Lyon.

La transition est compliquée

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