« L’économie nationale devrait connaître une inflation de 5,8 % en 2023 »

Les perspectives envisagées par l’OCDE ont révélé que la France devrait croître de 2,6 % en 2022 et de 0,6 % en 2023. La situation économique est-elle problématique ?

Antoine-Gujard-IAntoine Goujar : Après un niveau d’activité relativement faible en 2020 lié à la pandémie, les années 2021-2022 ont été particulières car elles ont bénéficié d’un effet rattrapage. Le niveau de croissance annoncé à 2,6% cette année est donc exceptionnel, la croissance de long terme en France oscille en principe autour de 1,2%. Ce rebond de l’activité économique se traduit notamment par un taux de chômage historiquement bas.

L’année prochaine sera aussi inhabituelle car la France, comme d’autres pays, subit les effets de la crise énergétique. Le taux de croissance annoncé à 0,6% en 2023 tiendra compte des hausses des coûts de l’énergie et du durcissement de la politique monétaire, avec la hausse des taux d’intérêt sans aucune compensation liée à la sortie de crise, observée les années précédentes. Pour autant, la croissance sera encore au rendez-vous.

La France profitera-t-elle de la baisse de l’inflation dans le monde ?

Tous les pays ne sont pas touchés de la même manière par l’explosion des prix de l’énergie et des matières premières. La France a mis en place un bouclier tarifaire qui devrait permettre d’avoir une inflation moins élevée. Reste qu’après avoir enregistré une inflation de 5,9 % en 2022, parmi les plus basses de la zone euro, l’économie nationale devrait connaître une inflation de 5,8 % en 2023. La zone euro devrait subir une inflation de 6,2 % en 2023.

Avec de telles projections, l’OCDE est favorable à la poursuite de la hausse des taux par la Banque centrale européenne, proposant une hausse de 4% des taux. Pourquoi ?

L’inflation est aujourd’hui trop élevée en France, comme dans le reste de la zone euro. La politique monétaire des banques centrales a des effets immédiats. Dans ce contexte, et avec un marché du travail tendu, l’augmentation des taux d’intérêt directeurs, déjà commencée en 2022, jue un rôle important car cela conduira à un ralentissement de la consommation et de l’investissement, donc la pression sur les prix et les salaires. C’est bien sur le canal de la demande que cette politique peut affecter l’inflation qui, si elle reste trop élevée, est porteuse à l’économie. Elle encourage un peu plus l’épargne et l’investissement freine la consommation et l’investissement.

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