la France devra débourser plusieurs centaines de millions d’euros pour ne pas avoir atteint ses objectifs

La ministre française de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, avant la réunion extraordinaire des ministres de l'énergie de l'Union européenne, à Bruxelles, le 24 novembre 2022.

La facture est mauvaise. Pour ne pas atteindre son objectif européen en matière d’énergies renouvelables en 2020, qu’il s’était fixé dix ans auparavant, l’État français a dû débourser plusieurs centaines de millions d’euros. “La France le finance 500 millions d’euros cette année parce qu’elle n’a pas encore développé les énergies renouvelables”, a expliqué le ministre de la Transition de l’ESDM aux députés lundi 21 novembre, comme le rapporte le quotidien Remise. Agnès Pannier-Runacher a été auditionnée par la commission des questions économiques et du développement durable dans le cadre de l’examen du projet de loi dit “d’accélération des énergies renouvelables”.

La France est le seul pays, parmi les vingt-sept membres de l’Union européenne (UE), à avoir raté son objectif il y a deux ans : les énergies renouvelables ne représentent que 19,1 % de sa consommation brute finale d’énergie, bien en deçà des 23 % attendus. Cet objectif est contraignant, la France doit désormais acheter aux “bons élèves” du pays, qui ont dépassé leur objectif, “le volume statistique” d’énergies renouvelables via le mécanisme européen. “Nous sommes en négociation pour acheter des mégawatts statistiques à l’Italie et à la Suède”, complété par Agnès Pannier-Runacher. Mardi, le groupe était comblé que, si le nombre final sera bon “de l’ordre de plusieurs centaines de millions d’euros”elle n’a pas encore été décidée, car les discussions avec d’autres États membres sont toujours en cours.

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“Les retards sont dévastateurs”

Si la déclaration est alors inconnue, Agnès Pannier-Runacher a évoqué le montant de 500 millions d’euros fin septembre, lors du colloque du Syndicat des énergies renouvelables (SER). “Si nous avons atteint l’objectif en 2020, nous aurons désormais un volume supplémentaire d’énergies renouvelables de 64 TWh. [térawatts-heure]qui correspond à 20% de la consommation industrielle, rappelle aujourd’hui son représentant général, Alexandre Roesch. Ce retard est très préjudiciable aux finances de l’Etat mais aussi à la sécurité d’approvisionnement à l’approche de l’hiver. »

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Même si le risque de tension sur le réseau électrique sera élevé en janvier, la France n’est toujours pas en bonne voie pour atteindre l’objectif de déploiement des énergies renouvelables fixé par sa feuille de route énergétique, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Concernant l’éolien terrestre, entre 1,2 et 1,3 gigawatts (GW) de nouvelles capacités seront installées en 2022, contre un objectif de 1,9 GW. “Depuis 2020, l’objectif n’est pas atteint et le retard cumulé sur les trois dernières années est d’environ 2 GW”, a expliqué Michel Gioria, délégué général de France Energie éolienne (FEE). La PPE fournit actuellement 24 GW de capacité installée d’ici 2023, alors que la France dispose actuellement d’environ 20,3 GW.

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