« La BCE veut forcer les Français à emprunter à taux variables dès 2023 !! ». L’édito de Charles SANNAT

Mon cher insolent, cher insolent,

Vous le savez, dans ce monde de taux variables dans lequel nous évoluons, il existe un petit village qui résiste encore et toujours aux légions bancaires.

Entouré de camps retranchés de banquiers, le petit village gaulois résiste et continue de fonctionner avec des prêts à taux fixe.

Les taux d’intérêt fixes permettent d’éviter des vagues d’insolvabilité à chaque hausse des taux d’intérêt et à terme des crises financières, car les banques sont inévitablement fragilisées par le nombre d’emprunteurs défaillants, qui augmente dans ces cas.

C’est exactement ainsi que les banques américaines ont très largement tremblé lors de la crise des subprimes entre 2007 et 2010, et que Lehman Brothers s’est effondré dans un énorme krach qui s’est répercuté dans le monde entier.

Encore…

La BCE pousse à introduire des taux d’intérêt variables en France

La BCE veut généraliser l’utilisation des taux d’intérêt variables pour financer les crédits immobiliers, rapporte le magazine Capital.

“Une politique qui va à l’encontre de la tradition bancaire française et qui suscite de nombreuses réserves chez les financiers français. La France se distingue de la plupart des pays européens par le fait que les taux d’intérêt fixes sont privilégiés lorsqu’il s’agit d’acheter un bien immobilier. Une habitude qui peut être dangereuse pour les banques en cas de hausse des taux d’intérêt, mais ces dernières conservent néanmoins cette particularité. Mais dans un contexte économique difficile, la Banque centrale européenne (BCE) pousse à introduire des taux d’intérêt variables en France.

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Et parfois, vous devez vous pincer pour croire que ce que vous entendez est vrai.

« Les taux variables offrent l’avantage d’être plus accessibles aux ménages aux revenus limités. La BCE souhaite donc généraliser leur utilisation en France pour faciliter l’accès au crédit immobilier ».

Selon la BCE, pour faciliter l’accès au crédit et permettre de prêter aux plus pauvres et aux plus vulnérables, il est nécessaire de passer à des taux d’intérêt variables. Ce raisonnement est étonnant puisque tout le monde sait et a compris que plus on est fragile, plus les revenus sont faibles et plus le risque de chômage est élevé et plus la sensibilité à la hausse des taux d’intérêt est élevée dans ce ménage. C’est encore exactement l’histoire de la crise des subprimes, où les ménages afro-américains, statistiquement les plus fragiles, ont été touchés de plein fouet par la vague de faillites personnelles et surtout les premiers, avant que le reste de la population ne suive plus largement.

Et pour une fois, je ne peux que partager l’analyse de la Fédération bancaire française (FBF), qui indique que « ces taux varient en fonction de la conjoncture économique et de l’inflation. Ils pourraient faire courir des risques aux particuliers en cas de hausse fulgurante et conduire à une vague de défauts de paiement. Ce n’est pas notre modèle français, unique et protecteur », juge un responsable de la FBF interrogé par Le Parisien.

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Le problème est que les banques françaises ont obtenu l’octroi d’un “disposition transitoire” jusqu’en 2023, une exception que la BCE n’entend pas prolonger.

Mais 2023, c’est demain.

“On essaie de faire valoir nos arguments auprès de Bercy pour prévenir le régulateur, mais on a du mal à se faire entendre. Si l’étau se resserre trop, on sera un jour obligé de lâcher notre modèle”, prévient un responsable d’établissement bancaire.

Techniquement parlant, dans un système de taux fixe comme le nôtre, les banques françaises prennent le risque dans les phases de hausse des taux d’intérêt, où elles perdent un peu d’argent, et elles en gagnent davantage lorsque les taux baissent. En tout cas, les banques françaises n’ont jamais été en difficulté à cause des prêts à taux fixe accordés à leurs clients.

Techniquement, les taux flottants transfèrent le risque de taux… aux emprunteurs, un choix avantageux pour les banques mais qui pourrait s’avérer dangereux pour la stabilité du système financier. Bien qu’ils présentent effectivement un certain nombre d’avantages, les prêts à taux variable peuvent mettre en péril la solvabilité des emprunteurs en cas de hausse rapide des taux d’intérêt, comme c’est le cas actuellement. Et quand les emprunteurs font faillite, les banques font faillite aussi.

C’est précisément encore une fois l’histoire de la crise des subprimes, une histoire dont les leçons ne semblent pas du tout avoir été apprises par les idéologues de la BCE.

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Le pire, c’est que la BCE forcera les Français à passer aux taux d’intérêt variables au moment même où les taux d’intérêt remontent.

Une folie économique dont nous connaissons les conséquences d’avance. L’effondrement du système bancaire alors que la solvabilité des emprunteurs s’effondre.

La BCE ne peut pas dire qu’elle ne savait pas.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

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Charles SANNAT

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https://www.capital.fr/economie-politique/credit-immobilier-la-bce-pousse-a-ladoption-des-taux-variables-en-france-1452734

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