Huit hommes jugés à partir de lundi pour du racket sur l’un des plus grands marchés d’Île-de-France

Depuis 2013, des “commerçants terrorisés” ont dénoncé ce système “mafieux”. A partir de lundi, huit hommes – dont un élu et quatre huissiers – seront jugés par le tribunal de Versailles dans l’affaire de racket dans l’un des plus importants marchés de la région parisienne, à Mantes-la-Jolie.

Ce prévenu, âgé de 32 à 44 ans, est accusé d’avoir monté ou contribué à un racket à grande échelle. Selon le procureur, ce système repose sur l’exigence de pourboires systématiques en échange d’un emplacement dans le vaste marché du quartier populaire du Val-Fourré, à une soixantaine de kilomètres à l’ouest de Paris. Outre les pourboires “quotidiens” pour le “double tarif”, le prix d’une place peut monter jusqu’à 12 000 euros.

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“Omerta efficace”

Les huissiers, qui ont nié les faits devant le juge d’instruction, comparaîtront notamment pour extorsion, un délit passible de sept ans de prison. Trois d’entre eux seront également jugés pour blanchiment d’argent, les enquêteurs ayant découvert le transfert d’argent vers Dubaï, Madagascar et le Maroc. “Mon client n’a pas reçu d’instruction équitable”, a assuré Me Frédéric Landon, avocat d’un des huissiers. “Le juge a refusé de le confronter et le commerçant savait sous X qu’il l’impliquait”, a-t-il soutenu.

De nombreux témoignages de commerçants, qui évoquent la mafia, la terreur qui y règne “recueillis pour la plupart dans l’anonymat” par peur de représailles”, selon l’ordonnance de renvoi, qui débouche sur un système basé sur “une omerta (. ..) efficace”. Le camion du vendeur a été allumé pendant l’enquête. Trois hommes seront jugés pour ces dommages.

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“Une histoire de magouilles”

De son côté, Sidi El Haimer, le premier adjoint au maire, était accusé d’avoir fait pression sur une commerçante qui témoignait en envoyant ses huissiers pour la faire retirer. Le maire de l’époque, pendant quelques mois en 2022, sera jugé pour “témoignage perturbateur” et risque trois ans de prison. Sidi El Haimer “a mis toute sa confiance dans l’autorité judiciaire de jugement pour enfin montrer son innocence et blanchir son honneur”, a assuré son avocat Alexandre Simonin.

Lors de l’enquête, l’ancien maire de Mantes-la-Jolie et l’actuel président LR du Conseil des départements, Pierre Bédier, ont été entendus mais pas mis en cause. Une lettre anonyme pointe son implication potentielle, alors que le président de la société Mandon – qui a repris la direction du marché en avril 2018 et s’est constitué partie civile dans cette affaire – avoue, notamment dans des interceptions téléphoniques, avoir été imposé par Pierre. Bédier engage des huissiers.

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La mairie est aussi une fête citoyenne. “Nous espérons que ce procès réparera les atteintes à l’image de la ville de Mantes-la-Jolie, que nous ramenons toujours aux histoires de magouilles”, a déclaré l’édile actuel, Raphaël Cognet (LR).

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