ENTRETIEN. Axa France dit avoir pris « des engagements importants concernant le pétrole et le gaz »

Pour faire face aux enjeux climatiques qui bouleversent leurs modèles, la plupart des grandes compagnies d’assurance ont mis en place des équipes spécialisées.

Au sein du géant français de l’assurance et de la gestion d’actifs Axa (149 000 salariés, dans 50 pays), Axa Climate, structure atypique de 150 personnes, avec ses propres locaux, RH et technologie, a vu le jour il y a quatre ans. Avec son équipe de scientifiques et d’actuaires pluridisciplinaires, elle propose des activités de conseil, de formation et d’assurance dédiées aux risques climatiques et aux changements que les entreprises doivent mettre en œuvre.

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Mais la transition écologique des principaux assureurs dans leur métier historique est encore jugée trop timide par les ONG environnementales, et peu lisible par les autorités financières françaises.

En parallèle d’Axa Climate, comment le reste du groupe Axa avance-t-il sur ce sujet ? Entretien avec Patrick Cohen, PDG d’Axa France.

Selon votre dernier rapport annuel sur les risques émergents (1), le changement climatique est devenu une préoccupation majeure dans le monde. En dehors d’Axa Climate, comment vous impliquez-vous concrètement ?

Aucune question ne donne au fatalisme. Nous sommes en action et déployons tous les leviers disponibles pour protéger la France. En tant qu’assureur, nous sommes les premiers à assurer les filières photovoltaïque et hydrogène, nous diffusons des offres préférentielles aux clients qui adoptent des pratiques saines comme les agriculteurs bio puis nous fixons “vert”, en développant l’utilisation de pièces réutilisées, ou en y participant. dans le financement des travaux de réparation énergétique du bâtiment après le sinistre.

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En tant qu’investisseur, nous avons 11 milliards d’euros investis dans des actifs verts et 100% de nos nouveaux investissements répondent aux critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance, ndlr). La transition énergétique a besoin d’un financement durable, nous sommes là.

Enfin, le maître mot doit être la prévention pour réduire l’exposition aux risques des individus, des entreprises et des collectivités locales. En plus de former et de sensibiliser des millions d’employés et de fonctionnaires, notre équipe d’ingénieurs développe des modèles mathématiques complexes pour anticiper l’évolution climatique, fournir des données précises aux acteurs privés et publics sur l’impact du réchauffement climatique sur leurs activités et les conseiller sur les décisions à prendre pour s’y adapter.

Toute l’entreprise est mobilisée pour gagner cette guerre. Ma rémunération, comme celle de tous les collaborateurs, dépend de l’atteinte d’objectifs clairs et transparents dans ce domaine.

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Faites-vous des choix, comme liquider des entreprises qui ne prendront pas le virage de la transition écologique ?

Ce débat est derrière nous. Les énergies fossiles ne représentent actuellement qu’une petite partie de notre portefeuille d’investissements. Depuis près d’une décennie, Axa a marqué le pas du secteur en étant la première compagnie d’assurance à se désengager totalement du charbon et à s’engager massivement dans le pétrole et le gaz. Tout nouvel investissement est désormais conditionné au plan de transition ambitieux du producteur. Entre 2019 et 2021 seulement, nous réduisons l’intensité carbone de notre portefeuille d’investissement de 30 %.

Quelle conclusion tirez-vous de cette année climatique ?

Nous avons connu un niveau de sinistres sans précédent depuis 1999. Des millions de Français sont concernés et nous les accompagnons pendant et après leurs sinistres, à travers plusieurs mesures exceptionnelles – notamment l’allongement de la période de relogement et la mobilisation d’un fonds de solidarité d’un million euros.

Au cours des huit premiers mois de l’année, le coût des sinistres climatiques pour le secteur a été de 5,2 milliards d’euros, contre 3,5 milliards pour l’ensemble de l’année dite normale. L’anormalité devient la norme. Nous sommes là pour y faire face et continuer à offrir le meilleur service à nos clients.

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La couverture des catastrophes naturelles repose sur le principe de la répartition selon lequel les primes d’une année doivent couvrir les sinistres prévus pour la même année. Avons-nous besoin d’augmenter massivement les taux d’assurance pour faire face à cela?

En effet, le coût des catastrophes climatiques devrait doubler en vingt ans. Pourtant, notre régime des catastrophes naturelles en France est efficace et montre bien comment la mutualisation et l’anticipation permettent de protéger la population. Mais il est absolument vrai qu’une action collective supplémentaire sera nécessaire si nous voulons lutter contre la hausse des coûts.

Là encore, le maître mot devrait être prévention. typhon noté qui a frappé la Louisiane l’année dernière, au même endroit que l’ouragan Catherine seize ans plus tôt, a fait quatre fois moins de dégâts. Pourquoi? Parce qu’il a été arrêté.

Nous devons accélérer nos efforts dans cette direction. C’est ce que nous faisons avec les communes en les conseillant dans la mise en œuvre du plan de sauvegarde, en collaboration avec l’Association des Maires de France.

(1) Réalisé par 4 500 experts du risque de 58 pays et 20 000 citoyens de 15 pays, par Ipsos et Eurasia Group.

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