Contre une « justice au rabais », magistrats, avocats et greffiers se mobilisent un an après une tribune retentissante

Un an après la retentissante tribune qui les a mis au jour “Souffrance” au travail, magistrats, avocats et greffiers sont appelés à se mobiliser le mardi 22 novembre contre une “diminuer la justice”. “La réalité, c’est qu’à la maison, il y a toujours beaucoup de téléspectateurs (…)retards déraisonnables, décisions inexpliquées”ont écrit dix-neuf syndicats et organisations de magistrats, d’avocats ou de conseillers à l’insertion dans un communiqué commun, appelant “Abolir tous les procès” Mardi.

Le rassemblement devrait avoir lieu dans la journée, notamment à Paris devant le tribunal judiciaire à 12 heures, pour exprimer le ras-le-bol de la profession qui reste, selon le syndicat des magistrats, confrontée à une “Charge de travail titanesque”.

Il y a tout juste un an, la plateforme était signée par 3 000 d’entre eux monde avait fait une électrocution et alerté sur les conditions de travail d’un établissement rongé par un “grave perte de sens”. Rédigé après le suicide d’un jeune confrère, le texte est aujourd’hui paraphé par près de 8 000 magistrats, auditeurs de justice et interprètes judiciaires.

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Un “état de délabrement avancé”

3 000 un stand “Permis d’initier de nombreuses actions”, nous a-t-on assuré en chancellerie. Lancée par le gouvernement, la consultation des États généraux de justice a confirmé ce diagnostic, elle a conclu “état de délabrement avancé” des établissements, à laquelle le ministère a tenté de répondre en obtenant, pour 2023, une troisième augmentation consécutive de 8% de son budget annuel.

“Avec ce budget de près de 10 milliards d’euros, le ministère de la Justice continue de faire évoluer ses dimensions et ses moyens conformément à sa mission”, attend fin septembre le garde des sceaux, Eric Dupond-Moretti, qui dévoilera prochainement un nouveau plan d’action. L’exécutif s’est également engagé à recruter 8.500 magistrats et personnels de justice supplémentaires à l’issue du deuxième quinquennat de Macron et a annoncé une augmentation de salaire de 1.000 euros par mois en moyenne pour les juges judiciaires.

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Or, le compte n’existe pas, selon l’organisation professionnelle. “Bien que le recrutement des juges et des officiers d’état civil soit prévu pour 2023, ils sont largement insuffisants et aucun plan d’action clair n’a été établi, comme l’exige la situation d’urgence”ont-ils écrit dans leur communiqué de presse conjoint.

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La France est toujours en retard sur ses voisins

Selon le Conseil de l’Europe, la France continue d’allouer moins de fonds à la justice que ses partenaires européens au PIB comparable : consacré 72,50 euros par habitant en 2020, contre 82,20 euros en Italie, 88 en Espagne ou 140,70 en Allemagne.

Selon le syndicat, les professionnelles de la justice restent “en proie à la perte de sens”tandis que les justiciables sont “Réduit à l’état de “dossiers” et de “stocks””. “Il y a une fatigue professionnelle des magistrats qui travaillent le soir et le week-end, qui leur dit qu’ils devraient mieux s’organiser, moins motiver leurs décisions, allonger le procès”estime Cécile Mamelin, de l’Union de la magistrature (USM, majoritaire).

En décembre 2021, juges et greffiers sont descendus dans la rue pour parler “désespoir” ceux qui rendent la justice au quotidien ; sentiment relayé au sommet de la hiérarchie judiciaire, que certains représentants ont alors mobilisé.

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Plus récemment, mi-octobre, le décès de la juge de 44 ans, Marie Truchet, en pleine audience de comparution immédiate à Nanterre a provoqué une nouvelle vague de choc. Une minute de silence a été observée dans plusieurs juridictions et l’USM a relevé la situation de travail “particulièrement dur” à Nanterre.

Jeudi, ce tribunal a reçu une visite très rare avec le soutien des deux plus hauts magistrats français, le premier président de la Cour de cassation, Christophe Soulard, et le procureur général près la Cour de cassation, François Molins. « Admettre la souffrance du monde judiciaire n’est plus tabou »a assuré à l’Agence France-Presse M. Molins. « On en parle à tous les niveaux judiciaires. Mais au-delà de ce constat, y a-t-il quelque chose qui progresse ? »

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