« Cette décision de la Fed est un très très gros rendez-vous pour la Bourse », Chat

Denis Lantoine : Salut tout le monde, ravi de vous rencontrer pour ce nouveau chat.

Avec une séance silencieuse ce lundi. Mais quoi de plus normal, en France le jour est fixé entre week-end et jour férié (la bourse est ouverte attention) et aucune statistique n’a fait bouger le marché, pas même le nouveau record d’inflation annoncé ce matin pour octobre dans la zone euro. Les investisseurs avaient déjà fait leurs calculs après les chiffres présentés vendredi en France et en Allemagne. Et ils sont certains que la BCE augmentera à nouveau ses taux directeurs de 75 points de base. S’il en fait plus, ce sera un indice de prise en mode “panique”, s’il en fait moins, personne ne comprendra, vu cette hausse toujours très actuelle des prix à la consommation.

Commençons par quelques questions sur les valeurs pour changer un peu les choses si vous voulez.

samenco : Bonjour Monsieur Lantoine, pensez-vous qu’il y ait encore des raisons d’espérer une amélioration de la situation d’Ubisoft ? C’est une entreprise qui a de bonnes marques/franchises mais qui semble avoir du mal à trouver de la rentabilité. Avec un PRU de 40 euros, je pensais avoir une marge de sécurité, mais là, à 26 euros, je me demande si je ne suis pas dans un piège value… (C’est 5% de mon portefeuille). Je garde ? (J’ai du temps…)

Oui, je l’avoue, c’est une déception pour moi aussi… qui pensais qu’à 40 euros Ubisoft était un excellent achat…

Depuis, avec la montée en puissance du Tencent chinois, l’aspect spéculatif a complètement disparu et le marché des jeux vidéo et des consoles est très lent. Moins de nouveautés matérielles que prévu en raison d’une pénurie de composants pour les consoles, d’où un engouement moindre des consommateurs pour les jeux, notamment pour ceux à gros budgets, dont les lancements sont majoritairement retardés, en partie à cause des nouvelles méthodes de travail post-Covid qui ne semblent pas être un succès pour ces acteurs de l’industrie.

Mais si vous avez le temps, comme vous me le dites à la fin de votre question, alors non, ce n’est pas le moment de vendre, je suis convaincu que le meilleur ne peut qu’arriver. Les objectifs annuels ont également été confirmés malgré les pertes enregistrées au premier semestre dues à ces reports de lancements de jeux.

Nicolas : Bonjour Denis, ma question concerne Vivendi. Quel objectif peut-on viser avec le titre, qui après avoir perdu plus de 30% depuis le début de l’année (plus mauvaise performance sur le Cac 40) semble végéter autour des 8 euros. Vous semble-t-il possible de viser 12 euros ? Ou peut-on espérer une sortie de notation avec une revalorisation ? Merci.

Lire Aussi :  Emploi, croissance, inflation : l'économie algérienne à la loupe (FMI)

On continue avec les déceptions, enfin on aurait dû commencer par le marché !!! Oui, là aussi on aurait pu s’attendre à bien mieux de la part de Vivendi que ce constat de forte baisse depuis le début de l’année.

Personnellement, je pense déjà que certains investisseurs n’ont joué Vivendi à l’époque que pour la dynamique d’UMG, qui n’est plus intégrée au groupe.

De ce fait, l’activité est désormais largement centrée sur Canal+ qui a déçu au troisième trimestre avec une baisse organique de près de 5%, non compensée dans l’esprit des opérateurs par la bonne performance d’Havas. Mais les effets de comparaison étaient défavorables. Nous sommes toujours acheteurs de Vivendi avec un objectif de 10 euros. Au prix actuel, la prévision de bénéfices pour 2023 n’est évaluée qu’à un peu plus de 11 fois, ce qui n’est pas beaucoup.

Epictète : Bonjour Denis Lantoine, je pose ma question sans réponse. Vous recommandez Mc Phy Energies à l’achat, mais à titre spéculatif. Nul doute que cette midcap est en train de devenir un acteur majeur de la filière hydrogène. Peut-on encore investir en toute confiance quitte à passer un ordre de vente avec un seuil de déclenchement de -10% ? A vous lire avec plaisir.

Bonjour, oui, c’est une valeur qui nous plaît à la rédaction du secteur, au même titre que Neoen par exemple et Iberdola à l’international, j’ai pu répondre il y a deux semaines à une question dans le même sens.

Elle fait d’ailleurs partie des entreprises françaises qui peuvent devenir des références dans le secteur des énergies renouvelables.

Mais attention, en tant que valeurs de croissance, elles sont toutes freinées ou affectées par le durcissement de la politique monétaire des banques centrales. Ils ne sont donc pas à l’abri d’un petit choc de bambou associé à un petit mouvement de panique après décision ou commentaire de la Fed ou autre. Par conséquent, les 10 % associés à un ordre de vente au niveau de déclenchement peuvent être un peu faibles, sauf si vous êtes très actif en bourse et que vous vous préparez à le reprendre plus tard.

nanou17 : Bonjour Monsieur Lantoine. Pas de questions aujourd’hui, juste remercier Investir de l’avoir lu et surtout d’avoir mon papier tous les samedis matin, très gentil.

C’est gentil, et donc pas de réponse pour moi, mais je vous remercie également de votre fidélité envers nos différents soutiens.

Lire Aussi :  la Chine va-t-elle déclencher le prochain bullrun ?

Je le transmets à toute l’équipe éditoriale !

Charles : Hé, pensez-vous que la Fed augmentera les taux d’intérêt à la fin de l’année si elle voit des signes d’amélioration sur le front de l’inflation ? Si oui, pensez-vous que les actions de croissance vont augmenter ? Convient-il de continuer à se positionner sur des valeurs « de croissance » en attendant ce scénario ? Passe une bonne journée. Charles.

C’est toute la question de nos jours… Et malheureusement, je n’ai pas vraiment de réponse à vous donner. Si je pouvais être dans la tête de Jerome Powell, ce serait beaucoup plus simple…

En tout cas, une chose est sûre, cette décision de la Fed est un très, très grand rendez-vous pour la Bourse. La réaction pourrait être très forte, d’autant que les attentes face à ce fameux tournant, comme l’avait émis l’hypothèse d’un article du Wall Street Journal. Les marchés n’attendent qu’une chose, c’est que la Fed commence même à entretenir l’idée qu’elle pourrait bientôt ralentir le rythme de ses hausses de taux.

Au regard de cette réunion de début novembre, on devrait bien sûr avoir droit à la hausse de 75 points de base, mais la Bourse espère qu’on reviendra ensuite à 50 points de base, ce qui voudrait dire que les membres de la Fed commenceront à croire que l’action était assez fort pour freiner l’économie, même si cela signifiait la plonger dans la récession, mais au moins permettre à l’inflation de se calmer également.

C’est pour cette raison que les contractions observées dans certains indices immobiliers aux États-Unis la semaine dernière ont été bien accueillies à Wall Street.

Je crois que l’information révélée dans le Wall Street Journal n’est pas sortie pour rien. Il faudrait juste que l’idée soit simplement mentionnée pour satisfaire le marché ou nous aurons un retour de bâton le lendemain.

Quant au Cac 40, à 6 270 points aujourd’hui c’est presque au milieu de la zone des 5 800 à 6 600 points, donc ce n’est pas facile, il faut juste aller dans un sens ou dans l’autre… Je me rends compte que je n’aiderai pas vous en parlez beaucoup cette semaine… Mais au moins, je vais être honnête avec vous…

A l’horizon de la fin d’année, notre scénario central est toujours avec une probabilité de 30% à un Cac 40 entre 5.700 et 6.000 points, 25% entre 5.400 et 5.700 points, enfin 20% entre 6.000 et 6.300 points, j’enlève les scénarios extrêmes.

Lire Aussi :  Le futur « Conseil national du commerce » piloté par Thierry Mandon

Attention également aux faux départs. Si les grandes économies tombent en récession comme on le craint (au mieux autour d’une croissance nulle, en particulier aux États-Unis), cela signifie que les marchés boursiers n’ont pas encore culminé avant d’aller de l’avant pendant longtemps.

C’est ce que commencent à refléter les données trimestrielles publiées par les entreprises américaines, avec des baisses de leurs revenus. Dans ce cas, les sanctions ont été fortes, avec une baisse moyenne de 6% de plus que l’indice S&P 500 au jour de l’annonce (6,7%, la plus importante de l’histoire du S&P 500, selon les données de Bank of America.

FALLOT : J’ai acheté des actions Linde sur Xetra. Que vais-je en faire alors que Linde arrête sa cotation à Francfort en 2023 pour être complètement transférée à sa cotation à New York. Le code est également le même pour l’action à Francfort et pour le NYSE. Quoi?

Je pense que vous avez encore le temps d’y réfléchir, le projet vient d’être évoqué la semaine dernière. Et garder un stock de cette taille coté à New York n’est pas très compliqué. Et si je me souviens bien, c’est en vertu de la loi irlandaise (à vérifier de toute façon) qui vous permettrait de le conserver dans un PEA, sauf en cas de changement de nationalité ultérieur.

BOURVIL : Bonjour. Mes UC investis en Chine dans le cadre de mes contrats d’assurance-vie sont actuellement grisés… Il s’agit de BNP CHINE EQ et de JPM CHINE. Pensez-vous que nous devrions toujours être prudents vis-à-vis de la Chine ou est-il temps de recommencer à profiter des creux historiques ? Merci Denis.

Je resterais prudent sur l’économie chinoise, dont la croissance devrait ralentir, bien que les chiffres récents du PIB aient été conformes aux attentes car nous nous attendions à une plus forte détérioration. Les pays émergents comme l’Inde ont une croissance plus forte, mais leurs marchés pourraient être ralentis ou affectés par des hausses des taux directeurs de la Fed. Mais c’est vrai que le marché chinois est bon marché, il faut s’en souvenir.

Donc notre temps de tchat est terminé, il ne me reste plus qu’à vous remercier et vous donner un temps pour un autre tchat. Et n’oubliez pas notre rencontre avec Fed ! Nous sommes mercredi, mais à 19h compte tenu de notre passage à l’heure d’hiver ce week-end en Europe. Au revoir.


Source

Leave a Reply

Your email address will not be published.

Articles Liés

Back to top button