A Berlin, Eric Dupond-Moretti fustige ceux qui « font leur miel » du rétablissement de la peine de mort

Eric Dupont-Moretti en est persuadé : la lutte contre la peine de mort est toujours d’actualité. C’est en tout cas le message que le garde des sceaux français a voulu faire passer ce mardi 15 novembre, lors du 8e Congrès mondial contre la peine de mort, organisé à Berlin par l’ONG “Ensemble contre la peine de mort”. La Garde des Sceaux, comme Christiane Taubira, sa prédécesseure de 2012 à 2016, a été invitée à prendre la parole lors de ce rendez-vous international « abolitionnistes ». Un combat qui lui tient à cœur, selon son entourage.

« Je vous retrouve ici avec honneur, fierté et émotion.Il se rend donc dans la chambre de Pierre-Boulez, bondée pour l’occasion. La France s’est débarrassée de la peine de mort en 1981 et depuis lors n’a cessé d’affirmer que la justice ne peut s’exprimer dans la peine de mort. » Et ajouter: « C’est un choix civilisationnel important. Cette lutte pour l’humanité est semée d’embûches. La paix, la démocratie, l’État de droit sont des batailles constantes. Il en va de même pour la peine de mort. »

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Lors de son allocution, M. Dupont-Moretti a partagé la scène avec ses collègues du Libéria, de la Zambie et de la Sierra Leone. Ces trois pays africains, ainsi que le Chili, ont officiellement déclaré l’abolition de la peine de mort. “C’est un jour férié, histoire”s’est félicité l’ancien avocat pénaliste qui, comme Emmanuel Macron en 2021, se bat pour “annulation générale”.

“Il faut du courage”

M. Dupont Moretti a également insisté sur « un des écueils de cette lutte : l’opinion publique ; il faut du courage pour avancer vers l’abolition de la peine de mort. Il est vrai que la plupart des Français souhaitent le rétablissement de la peine de mort. Dans l’étude “French Fractures” menée par Ipsos-Sopra Steria pour Monde, Fondation Jean-Jores et Cevipof (Sciences Po) dans un collectif de 12 000 personnes et publié en septembre 2022 – 48 % des sondés sont favorables à la peine de mort. Le résultat, fluctuant depuis dix ans, mais restant toujours dans la fourchette de 45% à 55% des répondants.

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Un peu plus tard, en petit comité, le ministre a poursuivi son discours et en a profité pour critiquer vivement “populistes d’extrême droite” – sa cible préférée – qui “se faire du miel sur la répression et le rétablissement de la peine de mort”. « L’idée que la répression met fin aux méfaits est fausse. Sinon, il faudra beaucoup de temps pour résoudre le problème. il prétendait. L’extrême droite flatte les bas instincts. Ce qui distingue la civilisation de la barbarie, c’est l’État de droit. Celui-là même que l’extrême droite considère comme un fardeau dont il faut se débarrasser. »

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